La juridicité de la pratique controversée du selfie dans l’isoloir


Le TA de Strasbourg vient de rendre un jugement, le 20 mai dernier, en rejetant la protestation d’un candidat reprochant aux filles du candidat victorieux adverse d’avoir publié, pendant les opérations électorales, un selfie sur Facebook révélant leur vote.

Dans mon article, je préconisais aux juges administratifs de procéder à une annulation des opérations de vote si et seulement si les faits litigieux étaient commis par le candidat, un membre exerçant une fonction caractérisée dans son équipe de campagne, ou une personnalité politique venue à son soutien. En revanche, je désapprouvais une annulation des opérations de vote lorsque la publication du selfie révélant le vote était le fait d’un citoyen lambda.

En l’espèce, les filles du candidat étaient elles actives dans la campagne ? Le jugement révèle peu d’éléments factuels et il faut faire la part des choses entre un militant et une personne exprimant son amour filial ou sa fierté familiale, la seconde catégorie étant moins propice à influencer le scrutin que la première. C’est la raison pour laquelle j’aurais tendance à souscrire, avec réserves, au jugement rendu. Je précise bien « sous réserves » car j’ignore trop de circonstances pour pouvoir me prononcer sans nuance. Si, en revanche, le proche familial se confond avec un militant engagé, alors la solution retenue en première instance serait critiquable.

Alexandre-Guillaume Tollinchi

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